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Avatar de Patrick Pierra

L'expression "mascarade" me semble très exagérée. Tout le monde a des opinons, et tout le monde sait que tout le monde a des opinions.

Maintenant, le public serait-il mieux servi si, plutôt , que de supposer que, peut-être, tel journaliste penche d'un côté ou d'un autre, ou de se demander de quel côté il penche vraiment, il n'avait aucun doute sur les positions du journaliste sur tous les sujets qu'il couvre, parce que le journaliste s'est généreusement ouvert sur ses opinions et les a diffusées?

Dans la majorité des cas, je ne crois pas.

D'abord parce que, dès qu'on sait (ou qu'on croit savoir) avec certitude les opinions de quelqu'un, un filtre "protecteur" s'impose immédiatement.

Avant d'entendre ce que cette personne va nous dire ou nous montrer, on va s'attendre à ce que cela reflète les opinions de la personne.

On ne va plus vraiment l'écouter ni la lire: on va examiner tout ce qu'elle essaie de transmettre à travers ce filtre. Ce n'est plus telle personne qui nous parle; c'est le représentant de telle, telle et telle opinions.

On risque d'utiliser plus de temps de cerveau à analyser, comparer, critiquer ce que la personne nous dit qu'à véritablement recevoir et absorber l'information - même s'il s'agit de faits avérés ou de données scientifiques. Il ne s'agit pas ici de sous-estimer l'intelligence du public; juste de reconnaitre honnêtement comment notre cerveau fonctionne.

L'autre effet négatif que je crains, c'est qu'un journaliste qui a largement partagé ses opinions sur tout, et qu'on a encouragé à le faire, peut se sentir entièrement libéré de la contrainte de neutralité, d'effort d'objectivité, et même à la limite d'honnêteté intellectuelle.

Pourquoi diable essayer de paraitre neutre sur un sujet, alors que mes auditeurs ou lecteurs savent déjà tous ce que je pense?

Je crains que cela les pousse vers un journalisme plus "engagé", dans lequel ils se sentent plus libres de pousser leurs opinions, de faire avancer les causes qui leur tiennent à coeur.

Or, comme il est naturel de préférer la compagnie des gens avec lesquels on partage des points communs (la langue, l'origine, l'âge, les expériences de vie, les passions, mais aussi la vision du monde), les deux effets combinés nous pousseraient probablement vers un écosystème plus polarisé - avec des journalistes et des médias ouvertement ancrés politiquement, et des auditoires qui partagent leur perspective.

Cela pourrait certes donner parfois du contenu plus vivant, plus attrayant, et des expériences de contenu plus impliquantes, plus profondes.

Mais, de façon générale, l'information du public et la démocratie seraient-elles mieux services? Je ne crois pas.

Je préfère 100 fois entendre et lire des journalistes et des chroniqueurs dont j'ignore pour qui ils ont voté - même si, parfois, j'ai une opinion la-dessus.

Avatar de Philippe Allard-Rousse

Je suis d'accord que, de la façon que c'est appliqué, particulièrement dans tes exemples, ces une mascarade.

Mais, il y a deux éléments à considérer.

En premier, il est raisonnable de considérer qu'un journaliste qui couvre un sujet dont il est impliqué personnellement à un biais. Et cette information se doit être affirmer de manière claire dans tous contenu produit par ce journaliste sur le sujet.

Ensuite, le média est en droit de choisir s'il veut ou non avoir des journalistes qui couvre des sujets dont ils ont un biais, car cela affecte directement la perception des biais du média lui-même.

Finalement, un journaliste devrait pouvoir s'impliquer sur des sujets qu'il ne couvre pas.

Mais je crois que cette politique d'impartialié à plus rapport à une question de gestion des ressources que d'autre chose. C'est beaucoup plus facile de faire des assignations si tu n'as pas a te préoccuper des biais de chacun de tes journalistes...

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